vendredi 31 décembre 2010
Transition
Du point de vue navigation, le mode cabotage entre les marinas de Martinique va faire place a partir du 2 Janvier a du cabotage entre les iles, a commencer par la Dominique, perspective qui enchante Patricia et Alice.
Ce soir, reveillon chez Philippe et Odile, avec sans doute beaucoup de leurs amis. La meteo est plutot humide depuis ce matin, mais cela ne nous empechera pas de nous humecter le gosier et de saluer l'arrivee de l'annee nouvelle.
Je souhaite a tous ceux qui ont suivi ce blog au long de mon voyage une tres heureuse et prospere annee 2011
samedi 25 décembre 2010
Noel sous l'eau
En tout cas, ici en Martinique, nous avons remplace la neige par une onde tropicale, plutot inhabituelle a cette periode de l'annee. Par contre, le timing etait parfait. Elle a commence le 23 et devrait liberer la Martinique vers le 27. Toute la periode de Noel s'est donc deroulee sous des pluies continuelles et assez denses.
Au depart de la Pointe du Bout, l'idee etait de partir pour la Dominique. Mais la Capitainerie de la marina nous a convaincu que ce n'etait pas une bonne idee, et nous sommes donc passes au plan B qui etait de partir vers le Sud. Mais une fois dans la baie de Fort de France, l'horizon cote Sud etait d'un noir a faire peur et nous avons decide de partir vers le Nord. Nous avons donc mouille devant St Pierre, cite victime en 1902 d'une eruption volcanique qui a totalement detruit la ville et tue les 30,000 habitants. Le seul survivant etait un locataire de la prison locale, protege des coulees de lave par la prison.
Donc soiree de Noel sous la pluie. Nous sommes alles a terre pour boire un verre, mais la ville etait plutot morte et nous sommes rapidement rentres a bord pour nous gaver d'huitres fraiches arrosees de Champagne.
Le lendemain, cap au sud, sous des grains constants et puissants, et nous ne sommes pas alles plus loin que la grande anse d'Arlets ou nous sommes mouilles ce soir. Il n'y a malheureusement pas ou presque pas de couverture telephone, ni de reseau 3G, mais nous arrivons a capter une Wifi d'un bistrot local.
Demain, cap sur Sainte Anne, ou nous serons a portee de dinghy du Marin et de ses boutiques. Non pas que nous ayions besoin de grand chose, mais c'est toujours agreable de refaire le plein de vivres frais en legumes et en fruits.
jeudi 23 décembre 2010
En famille
Anne est arrivee Mercredi, tres fatiguee, ayant besoin de digerer les 5 heures de decalage horaire. Elle est avec moi jusqu'au 1er Janvier. Je pensais aller en Dominique, mais la meteo prevoit une forte houle dans la partie nord des Antilles et autant rester comfortable. Je vais donc sans doute me limiter a un tour de la Martinique, mais il y a pire moyen de passer ses vacances.
Lundi comme prevu, nous sommes montes du Marin sur la Pointe du Bout, et la chance et restee de notre cote car nous avons trouve une place a quai, ce qui facilite l'embarquement des courses et permet aux uns et aux autres de pouvoir aller se promener sans etre tributaires du dinguy.
Le 30 Decembre, ce sera au tour de Patricia et Alice d'arriver, cette fois ci pour deux petites semaines. Les deux soeurs n'auront que deux journees ensemble, et comme elles ne se sont pas vues depuis trois ans, elles ont beaucoup de retard a rattraper.
Si au fil des mouillages, je trouve du temps a venir taper sur ce clavier d'ordinateur, j'essaierai de tout vous raconter.
En attendant, Joyeux Noel a tous
samedi 18 décembre 2010
Martinique
Mardi matin, nous nous sommes presentes au chantier a 10 heures petantes, heure ou nous avions rendez vous, et le travel lift etait lui aussi pret, si bien que nous avons pu sortir le bateau sans attente et pratiquement commencer les travaux de carenage et peinture en fin de matinee. Tout ce temps gagne va nous permettre de remettre a l'eau des Jeudi.
Pendant que nous etions au carenage, j'aie pu louer une voiture, resoudre mes problemes d'internet et passer deux soirees tres agreables en compagnie de Philippe et Odile, que j
avais rencontre pour la premiere fois en 1987 en Haiti et qui m'ont gentiment offert l'hospitalite pour moi meme et Olivier chez eux pendant ces deux jours au sec.
Des Jeudi midi, nous avons pu mettre en route et partir pour Le Marin ou je voulais faire faire des petites reparations sur le greement. Je deteste Le Marin d'aujourd'hui, avec sans doute plus de mille bateaux entre ceux qui sont au mouillage et ceux qui sont a quai. J'y etais venu en 1996, mais a l'epoque, cela avait une dimension humaine et il n'y avait sans doute pas plus qu'une trentaine de places a quai. Aujourd'hui, il y en a plus de 600, mais il n'y a aucune place disponible. Heureusement, Caraibe Greement a ses propres places a quai, et comme nous avons besoin de leurs services qui vont prendre toute la journee du Vendredi, cela nous permet d'arriver le Jeudi soir et de ne repartir que le Lundi matin, vu que personne ne s'est presente pour reclamer le poste pendant le week-end.
Au Marin, je retrouve Abrasif et Arquebuse sur Sea Bemol, Pierre Moine sur Goemonhour et sans doute un frere portuguais Flush Deck sur Calmeiro. Nous allons essayer de nous retrouver pour dejeuner le Samedi avant le depart d'Abrasif qui rentre en France.
La plupart des travaux que je voulais faire sur le greement ont ete faits, excepte le vis de mulet de la grand voile, mais le greeur ici m'assure que cela tiendra sans probleme jusqu'a mon retour aux Etats Unis ou je devrais trouver la piece adequate.
Nous allons maintenant nous preparer pour attendre Anne qui arrive le 22 Decembre et repart le 1er Janvier, et Patricia et Alice qui arrivent le 30 pour repartir le 13 Janvier. Comme je n'aime pas Le Marin, je vais sans doute rentrer sur la Pointe du Bout, meme si on ne trouve pas de place, et y preparer le bateau pour l'arrivee de ces dames et demoiselles (Alice a 16 ans).
Ensuite, ce sera selon l'inspiration du moment.
dimanche 12 décembre 2010
Les Antilles
sommes en train de passer a 5 milles sous le vent de la Barbade. Mais
pas sans mal ! Depuis un jour et demi, nous nous trainons a 4 noeuds
avec moins de 10 knots de vent et pratiquement pas de courant portant,
malgre les promesses de Grib de MaxSea.
Pour les dernieres 24 heures, nous n'avons parcouru que 137 milles sur
le fond, maigre pitance comparee aux 204 milles dans le parcours entre
Cabedelo et Cayenne.
Il est 5:30 de l'apres midi et nous avons encore 124 milles a parcourir
pour arriver a Fort de France. Plus question d'arriver demain matin,
mais plutot demain apres midi avant la nuit si le vent ne nous fait pas
completement default.
J'aimerai bien arriver suffisamment tot pour pouvoir trouver une place
soit au carenage soit a la point du Bout et passer la soiree a terre.
S'il faut gonfler le dinguy, je pense qu'on fera l'impasse et qu'on
finira les restes.
Nous ne sommes pas a la bourre de toute facon, puisque le rendez vous
pour sortir le bateau n'est que Mardi matin a 10 heures.
Apres cela, ce sera les vacances qui commencent.
vendredi 10 décembre 2010
Retour dans l'atmosphere
territories qui etaient pour moi des decouvertes, tout au moins en
voilier, et je me retrouve dans des zones bien familieres.
Nous avons passe une bien mauvaise nuit la nuit dernieres, avec des
grains plutot intenses, beaucoup de pluie, du vent mais pas trop, et
surtout une mer beaucoup plus formee que le vent ne le laisserait
supposer. Papy Jovial roule lourdement. Nous sommes en securite, mais
c'est tres incomfortable.
Il y a egalement pas mal de traffic, des cargos pour la plupart, mais
egalement des pecheurs. La nuit derniere, l'un de ces pecheurs qui etait
non pas en peche mais en route, etait tres probablement sur pilote
automatique, et soit avec personne a la veille, soit ne pouvant voire
quoi que ce soit de plus petit qu'eux car ils avaient laisse allumes
leurs puissants projecteurs de pont. Ils etaient en route de collision
avec nous, venant de notre gauche, mais mes signaux avec des lampes
torches sont restes ignores et j'aie du maneuvrer dans des conditions
moins qu'ideales, dans un grain et avec assez peu de latitude de
changement de route. Ils sont passes tres tres pres de nous et je n'aie
vu personne ni sur le pont ni a la passerelle, Pas vraiment surprenant,
mais plutot inquietant. Et si ?
Aujourd'hui, les conditions sont bien meilleures. Pas trop de nuages, le
vent est stable a 20 noeuds presque plein est, et nous marchons a 7
noeuds sur le fond. Nous devrions arriver dans la baie de Fort de France
tres tot le Lundi matin. Papy Jovial continue a rouler, mais pas aussi
lourdement que la nuit derniere et il devient possible de dormir.
mercredi 8 décembre 2010
Cayenne
meilleures escales. Bien au contraire. En fait, pour l'instant, c'est
sans doute une des pires. L'exception restera pour moi l'extreme
gentillesse et courtoisie de l'officier des douanes, qui a accepte de me
faire les formalites d'entree et de sortie dans la meme seance pour
m'eviter d'avoir a revenir (a pied). Un vrai changement par rapport a
la Reunion ou nous avions eu toutes les peines du monde pour obtenir une
clearance de sortie.
La marina de Degrad des Cannes, de l'avis general, restera sans doute la
pire des marinas que nous ayions frequente. D'abord, elle est tres mal
situee, a l'exterieur d'un virage du fleuve, donc susceptible de
s'envaser rapidement, a un endroit ou la houle remonte et donc les
bateaux sont constamment secoues et les amarres souffrent beaucoup. Bien
qu'il y aie eau et electricite sur le ponton, ce qui est
incomprehensible, il n'y a pratiquement aucun service. Pas de bureau,
donc personne de responsable avec qui communiquer, situee au bout d'un
chemin isole, voisine d'une cimenterie et du port de commerce, sans
aucun moyen de transport en commun pour aller a la ville distante de
plus de 12 kms. Evidemment pas de douche, de toilette, de buanderie et
encore moins de wifi.
Et comme la marina n'est pas geree, donc personne ne paie quoi que ce
soit, les pontons sont occupes par des bateau poubelles a l'aspect
desolant. Sur les bateaux, des gens du voyage de la mer, echoues sur
place a la recherche d'un petit boulot, et sans aucune fierte concernant
l'aspect de leur bateau.
Nous sommes arrives au debut de la saison des pluies, et donc tout est
tout le temps mouille, soit en train de secher, soit en train de se
remouiller. Atmosphere humide et chaude des climats equatoriaux, plutot
desagreables de mon point de vue.
La ville de Cayenne, comme apparemment le reste de la Guyane a le dos
tourne a la mer et regarde vers l'interieur, vers les fleuves et la
foret vierge. Les Guyanais, d'importation ou locaux, visiblement, ne
souhaitent pas voire des touristes. Notre visite a Kuru, ou nous
esperions visiter le centre spatial, en a ete une brillante
demonstration. Apres s'etre leves a 6 heures du matin pour etre au
centre avant 8 heures, passeport en main, au dernier moment nous avons
ete avises que comme les guides etaient en formation, il n'y aurait pas
de visite. Quant au musee qui restait la seule alternative pour ne pas
etre venus pour rien, rien ne fonctionnait ou n'etait pas branche. Ayant
fait retraite vers un hotel de bord de plage pour le petit dejeuner,
nous nous sommes laisses dire par le personnel de l'hotel que la
clientele de l'hotel etait contitue principalement de gendarmes en
mission et de visiteurs professionnels du centre spatial. Touristes, zero.
Nous avons quand meme passe une excellente derniere soiree chez un ami
de Olivier, Guyanais depuis plus de trente ans et qui nous a appris
beaucoup de choses sur la Guyane.
Et nous sommes repartis ce matin, bien content de quitter un rivage
somme toute pas trop hospitalier pour des marins. Nous devrions arriver
en Martinique vers le 12 ou le 13 Decembre, cette fois ci en territoire
familier.
samedi 4 décembre 2010
Le Pot au Noir
tropicale. Nous pensions bien y echapper car nous ne voyions aucun signe
precurseur une fois passe l'equateur.
Finalement, nous sommes rentres dans cette fichue zone hier apres midi
vers une heure. De loin, cela ressemblait a un gros paquet de grains
epais, et j'aie passe une bonne heure a scruter l'eau sous les grains
pour voire s'il y avait du vent. En fait, je n'aie trouve que de la
pluie, mais quelle pluie ! Drue, dense, et qui semblait ne jamais
vouloir s'arreter. Et elle ne s'est pas arrete, car nous l'avons garde
jusqu'a 9 heures ce matin. Au depart, j'etais sous gennaker que j'avais
garde puisqu'il n'y avait pas de vent. Mais le peu d'air qu'il y avait
nous tirait un peu dans tous les sens, et finalement, nous avons mis au
moteur vers 4 heures de l'apres midi pour nous sortir de la. Et nous
avons du faire 14 heures de moteur avant de retrouver un vent toujours
faible, mais un peu plus stable, qui nous permet de marcher a 5 noeuds
sur le fond. Apres trois jours a plus de 200 milles par jour, nous voila
menace d'arriver une fois de plus un Dimance a 2 heures du matin par une
nuit sans lune. Pour l'instant, nous sommes retombes a 5 noeuds, et cela
nous amene a l'entree du chenal a 3 heures du matin.
Je deteste entrer de nuit dans un endroit que je ne connais pas. On ne
peut pas faire totalement confiance au GPS. Si je l'avais fait, rien que
sur ce voyage, j'aurai navigue sur la terre a Tonga, a Rodrigues et je
me serai echoue a Cabedelo, tout en etant en plein milieu du chenal
d'entree en visuel.
Le radar marche bien, mais ce n'est pas toujours evident de distinguer
une bouee de chenal d'autres echos. Et encore une fois, il n'y aura pas
de lune pour nous aider. Il se pourrait bien donc que je reste dehors en
attendant la lumiere du jour.
Mon itineraire a venir, qui depent principalement de la disponibilite de
chantier pour sortir le bateau et repeindre la coque, ainsi que de la
disponibilite de places en marina, alors que c'est la periode des fetes,
commence a bien se dessiner. Du 14 au 16 Decembre, je vais sortir le
bateau de l'eau a Fort de France. Ensuite, j'irai a Pointe a Pitre a la
marina de Bas du Fort du 18 au 28 ou je pourrais faire les travaux de
greement et de voilerie, ainsi que les courses. Le 29, je rentre a Fort
de France pour aller recuperer ma fille et ma petite fille. La, il me
reste a trouver une place soit a la marine de la Pointe du Bout a Fort
de France, soit au Marin.
Ensuite, ce sera une grande croisiere en famille pendant 12 jours.
Apres cela, j'aie encore a rencontrer un tres bon ami en Guadeloupe et
attendre mon frere aine qui arrive aux Saintes le 17 Janvier.
Puis Papy Jovial et moi-meme prendrons la route du retour, d'abord pour
Grand Lucaya ou Papy Jovial pourra lecher ses blessures et se refaire
une beaute.
Ensuite, remontee vers Norfolk, mais a petite vitesse car j'aie bien
l'intention de m'arreter partout ou j'aie des amis a saluer.
mercredi 1 décembre 2010
Retour sur Jacare
miracle in me faisant obtenir un visa pour le Bresil, en quittant Lobito
je n'etais pas encore certain de m'arreter a Cabedelo. J'etais presse
par le temps et j'anticipais d'avoir a me servir du moteur et perdre du
temps avant St Helene. En fait, nous avons eu une traversee rapide et il
n'y avait pas de probleme pour s'arreter au Bresil Et je regrette pas
de m'etre arrete, bien au contraire.
Tout d'abord, il y a eu cette rencontre extraordinaire avec Paulo
Mourao. Je ne m'attendais pas du tout a rencontrer un frere de la Cote
dans cette partie du Bresil car ceux de ce pays sont concentres a Belo
Horizonte et Porto Alegre. Paulo faisait partie du groupe de Belo
Horizonte mais s'est installe avec sa femme Joanna a Joao Pessoa ou ils
sont tous deux des artistes reconnus. Etant connecte avec Paulo via
Facebook, il a vu que j'etais a Jacare et m'a rendu visite.
Paulo et sa femme Joanna ont tous deux de tres severes limitations
physiques (Thalidomine, malformations a la naissance), mais ils
demontrent tous deux une energie et un enthousiasme qui fait d'une
rencontre avec eux une grande lecon de vie. Merci Paulo d'etre ce que tu es.
Et puis, la veille de notre depart, nous avons sacrifie au rite du
coucher de soleil sur Jacare, au son du Bolero de Ravel. Les quatre
restaurants sur la riviere ont leur sono branchees sur la meme source,
Jurandydo Sax, qui joue de son saxo, debout dans un canot qui est balade
sur la riviere devant le coucher de soleil. Excellent spectacle,
excellente soiree, et grace aux conseils de Philippe de la marina de
Jacare-Village, excellent diner dans le restaurant ou nous etions.
Aujourd'hui, il semble que Papy Jovial aie battu un record de distance
pour la journee. Nous avons parcouru 204 milles sur le fond, 173 sur
l'eau et 31, cadeau du courant qui est enfin la. Mais Papy Jovial a eu
une autre vie sous le nom de bapteme de "Precept" et il me faudra
verifier avec Tom et Sarah.
Si ces conditions se maintiennent, nous pensons arriver a Cayenne
Dimanche matin, le 5 Decembre.
lundi 29 novembre 2010
Histoires de courant
influences de plusieurs courants de renommee mondiale.
En premier, le courant des aiguilles qui court le long de la cote est
d'Afrique du Sud. Celui la, compte tenu de notre route directe sur East
London, nous n'y avons ete que pendant une demi journee, mais nous avons
fait une moyenne de 9 noeuds. Donc, un bon point pour ce courant.
Ensuite, en allant de Saldanha a Luanda, on nous avait dit, eloignez
vous de la cote et des que la temperature de la mer chutera, vous serez
dans le courant de Benguela, qui va vous pousser vers le nord a 4, 5
noeuds. En fait, nous avons bien trouve le froid, a 150 milles de la
cote, mais en fait de courant, le mieux que nous ayions eu a ete de 0.25
noeuds, ce qui correspond a ce que j'avais lu dans les articles
scientifiques sur le net a propos de ce courant.
Enfin, de Cabedelo a Cayenne, nous sommes supposes etre sur un tapis
roulant nous poussant a 2 ou 3 noeuds. On nous a dit de nous mettre sur
le tombant du plateau continental et c'est ce que nous avons fait. Cela
correspond egalement a ce que disent les fichiers Grib de Max Sea. En
fait, le maximum jusqu'a present a ete de 11 milles pour un jour, soit
moins d'un demi noeud.
Peut etre que les marins amplifient leurs histoires de courant tout
comme les pecheurs parlent de la taille du poisson qu'ils ont failli
prendre.
La temperature de l'air continue a avoisiner les 32 degres, et celle de
la mer est aux alentours de 34. Nous sommes sous Gennaker seul, avec un
vent qui depuis le depart a la gentillesse de rester sur l'arriere a
15/20 noeuds, ce qui nous permet une moyenne sur l'eau de pres de 7
noeuds. Pour l'instant, c'est un peu monotone, car il n'y a pas grand
chose a faire, si ce n'est regarder passer les nombreux cargos qui
tournent ce coin du Bresil.
Si tout se passe bien et si le vent nous reste a peu pres fidele, meme
une fois passe l'Equateur, nous devrions arriver a Cayenne soit le 5
dans la soiree soit le 6 dans la matinee.
vendredi 26 novembre 2010
Arret buffet a Jacare
Tout d'abord, il y a la marina, qui s'appelle Jacare-Village mais que les chauffeurs de taxi connaissent comme etant la marina de Philippe.
C'est une petite marina, mais avec l'essentiel des facilites que desirent des bateaux de voyage. Douches, toilettes, buanderie, bar, possibilite de sortir le bateau, eau et electricite sur le ponton, avec des variations d'intensite et de voltage que la marina ne peut controler.
Un peu plus haut sur la riviere, trois restaurants d'ou l'on peut admirer le coucher de soleil sur le Bresil (mais sur une partie sans la moindre habitation) en sirotant une Cain Pirinha (excusez l'orthographe) et en ecoutant le Bolero de Ravel, que l'on joue tous les soirs, qu'il pleuve ou qu'il fasse soleil, depuis des annees.
En plus, j'aie eu la grande surprise d'avoir la visite de Paulo, un frere de la cote de la table de Belo Horizonte, qui habite maintenant ici a Joao Pessoa.
A Jacare, il y a suffiamment de magasins pour faire tous les achats dont on a besoin, et nous avons reapprovisionne en aliments essentiels, notamment chocolat Crunch !
Ce soir, nous allons sacrifier au rite du coucher de soleil et du bolero de Ravel et nous repartirons demain en debut d'apres midi, en partant une heure avant la maree basse pour ne pas avoir trop de clapot a la sortie.
dimanche 21 novembre 2010
Au ralenti !
matiere de vent. Il est en train de se rattraper. Apparemment, pour ce
qui nous concerne, du vent au milieu, pas de vent sur les bords ! Nous
avons eu du mal a quitter le continent Africain, et nous avons du mal a
nous approcher du Bresil. Le vent est tombe depuis hier a 10 neouds, en
plein sur l'arriere et nous avancons comme des limaces a 4 a 5 noeuds.
Nous avons du affaler la grand voile, qui battait et qui prenait un peu
d'air au Gennaker. Il va falloir ruser avec le vent et les courants
pour nous tirer jusqu'a Cabedelo qui n'est pourtant plus qu'a 230 milles.
Hier, drame en cuisine. Olivier avait decide de faire un gratin
dauphinois, plat bien de chez lui qui est savoyard. Il avait donc bien
emince les pommes de terre, en lamelles tres fines, puis les avait place
dans un plat a tarte et recouvert de lait.(liquide evidemment). La porte
du four est super lourde, et des qu'on l'ouvre, du fait que le rechaud
est sur cardans, l'ensemble du rechaud bascule de 30 a 40 degres. Et
donc le lait se repand dans le four et eteint le four. Et dans les
maneouvres pour rallumer le four et empecher le lait de s'echapper
d'avantage, la porte du four a ete refermee un peu brutalement et une
legere barre d'alu qui sert a limiter l'ouverture de la porte, a saute
de son accroche et disparu dans l'interieur du rechaud. Et pendant un
court instant, en plus, on ne pouvait plus ouvrir la porte. Finalement,
tout est presque rentre dans l'ordre (il restera a retrouver la piece
manquante et a la replacer) et nous avons pu deguster le gratin
dauphinois d'Olivier. Ce dernier continuait a maugreer que les pommes de
terre n'etaient pas assez cuites, mais pour ma part, j'aie trouve que
c'etait tres bon. Et je sais qu'un gratin dauphinois n'est pas facile a
reussir.
Il commence a faire plutot chaud. L'air et la mer sont a 32 degres, et
apres s'etre gele en Afrique du Sud, nous sommes dans un four. En plus
nous avons toujours cette satanee houle de SE qui nous fait rouler et
fait claquer les voiles, secouant tout le greement. Nous seront surement
tres contents de pouvoir mettre pied a terre a Cabedelo.
jeudi 18 novembre 2010
Taches domestiques
pratiquement pas, jour apres jour, sur une traversee de plus de 20
jours. Pour rompre la monotonie, il y a les petits incidents techniques
dus a l'usure du materiel et du greement, et les initiatives dans la
cuisine pour apporter un peu de variete.
Le lendemain du jour ou le genois est tombe sur le pont, je me suis
lance dans la preparation d'un ailloli. La encore je triche un peu.
Normalement, il ne devrait y avoir que de l'ail et de l'huile pour faire
l'emulsion. Je demarre comme pour une mayonnaise, avec un peu de
moutarde et un jaune d'oeuf, et une fois l'emulsion prise, j'ajoute
l'ail petit a petit. Nous l'avons mange avec un thon jaune, cuit par
Olivier au court bouillon, des pommes de terre bouillies et des
carottes. Nous nous sommes regales.
Avant hier, cette fois ci apres minuit, en prenant un ris, je me suis
apercu que la plaque de base sur le mat du hale bas rigide etait en
train de se detacher, six des huits rivets ayant saute. J'aie d'abord
fait un amarrage d'urgence, puis j'aie cherche des colliers assez grand
pour faire le tour du mat. Avec quatre colliers nous en avons fait deux,
et nous avons pu ainsi tenir la plaque contre le mat. Cela devrait tenir
jusqu'a Cabedelo si nous ne tirons pas trop dessus.
Ensuite, je me suis lance dans la confection de pain. Cela prend deux
jours, puisqu'il faut d'abord preparer du levain, un jour, puis faire le
pain lui meme.
Je n'en avais pas fait depuis les annees 70's et le resultat aurait pu
etre meilleur, mais cela avait l'air de pain, cela sentait comme du
pain, goutait comme du pain, donc pas trop mal. Le four etait trop
chaud, la plaque utilisee pour le pain n'avait pas ete assez bien
nettoyee et le gras qui etait encore dessus a brule et a brule le
dessous du pain, et j'aurai pu mettre un peu plus de farine pour faire
la pate. A revoir . . . .
Aujourd'hui, un des colliers qui maintiennent la roue de blocage du
regulateur d'allure sur la barre principale a casse. Heureusement, le
pilote electrique etait de bonne humeur et a maintenu le bateau au bon
cap le temps de remplacer le collier.
Il ne reste plus que 632 milles a faire (il est minuit Jeudi soir du 18
Novembre) et je pense que nous pourrions arriver tard dans la soiree du
22. Le vent rest a l'ESE a 15 a20 noeuds, avec une houle formee de SE
qui nous fait rouler, les voiles en ciseaux, et nous avancons a plus de
7 noeuds. Pour l'instant, tout semble bon.
dimanche 14 novembre 2010
Incident mecanique en haute mer
pendant mon quart. A 8:30 ce matin, au milieu d'un grain, le genois est
de nouveau tombe sur le pont. Cette fois ci, ce n'est pas la drisse qui
a casse mais une piece metallique sur la piece haute de l'enrouleur, qui
sert a tenir le point de drisse du genois. Donc, la piece etant restee
en haut, pas de choix, il faut monter et aller la chercher. Olivier, en
bon montagnard, s'est donc devoue pour grimper en tete de mat. Il s'est
donc amarre a la chaise de gabier et je l'aie hisse en haut avec le
winch de drisse pendant qu'il s'accrochait comme il pouvait au mat, avec
des coups de roulis assez impressionants. Il est d'ailleurs redescendu
avec de gros bleus sur l'interieur des cuisses. Mais il a recupere la
piece que nous avons fait glisser sur l'enrouleur jusqu'au niveau du
pont. La piece cassee est exactement la meme que celle qui tient le
point d'amure, sauf qu'au point d'amure l'emerillon n'est pas essentiel.
Nous avons donc pris la piece du bas pour la mettre en haut, et en bas
nous nous sommes contente d'une manille torse, qui fera bien l'affaire
jusqu'a Cayenne ou meme Fort de France si necessaire. A 10:30, nous
avons re-hisse le genois et remis en route, ce qui n'est pas trop mal
pour une reparation. Et nous n'avons pas vraiment perdu 2 heures car
pendant la duree de l'incident, nous avons continue a naviguer sous
grand voile seule, la plupart du temps a 5 noeuds.
Ceci etant, ce ne fut pas notre meilleure journee. Nous avons couru 150
milles sur le fond et il nous reste 1287 milles pour Cabedelo. Je
voudrais bien utiliser le Gennaker plus souvent, mais nous sommes dans
une zone de grains, et bien que jusqu'a present ces grains ne
contenaient pas beaucoup de vent, je ne veux pas prendre de risques.
D'ici le terminus a Grand Bahamas, il reste encore pres de 5,500 milles
et le materiel peut encore souffrir.
J'espere toujours arriver a Cabedelo le 23 au matin, a condition que le
vent se comporte comme ce que les Grib de MaxSea prevoient.
samedi 13 novembre 2010
La mi-parcours
la bouee d'atterrissage de Cabedelo. Au depart, la distance etait de
2882 milles, nous sommes donc dans la deuxieme moitie de la traversee.
En principe, le vent devrait tomber aujourd'hui pour environ trois
jours. Lorsque cela arrivera, nous allons empanner la grand voile et le
genois pour incurver notre trajectoire vers le Nord ou le vent devrait
revenir dans trois jours.
Aujourd'hui egalement, le soleil a fait son apparition et Olivier n'a
pas perdu une minute pour tomber pantalon, chandail et T-Shirt. De mon
cote, j'aie allege ma tenue, mais je continue a ne pas m'exposer au soleil.
Depuis le depart, nous avons couvert en moyenne 153 milles par jour sur
le fond, ce qui est plutot bien compte tenu des trois premiers jours de
pres. Nous avons consomme en moyenne 9.3 litres d'eau par jour pour nous
deux et a ce rythme, il nous en reste pour 72 jours. On est plutot au
vent de la bouee !
Hier j'aie fait tourner le moteur pendant 5 minutes pour que la turbine
de la pompe a eau ne reste pas dans la meme position et n'altere pas sa
forme. Mais nous n'avons toujours pas utilise ce moteur pour la
propulsion. Quant a la generatrice, nous l'avons quand meme fait tourner
un peu moins de huit heures car ces premiers dix jours ont ete
constamment couverts. Cela devrait commencer a changer maintenant que le
soleil est de meilleure humeur.
Au programme, nous allons essayer de faire du pain, car nous n'en avons
plus. Cote vivres frais, nous n'avons pas ete tres chanceux non plus et
le peu achete a Lobito n'a pas dure de toute facon.
Moins de dix jours a courir maintenant. Nous survivrons
jeudi 11 novembre 2010
Monotonie
n'avons pas encore vu le soleil. Nous portons des pantalons long,
chandail et nous sommes en ete dans l'Atlantique Sud par 12 degres de
latitude sud. Sans doute ce que l'on appelle rechauffement climatique.
Il y a quand meme des bonnes nouvelles. Depuis le depart, nous avons
couvert 1202 milles sur le fond, soit une moyenne de 150 milles par jour
et nous nous sommes rapproches de notre destination Cabedelo de 1128
milles. Le premier jour, nous avons tire des bords, puis nous sommes
restes au pres pendant trois jours, ensuite sont venus trois journees
sous Gennaker, et nous sommes maintenant sous voiles en ciseaux, Grand
voile pleine et Genois entier, marchand en moyenne pour l'instant a 7.5
noeuds. Le bateau sous cette voilure est extremement stable, et nous
n'avons pratiquement rien a faire, sinon la veille. Notre souci est une
zone de vents tres faibles devant nous a 48 heures d'ici qui pourrait
durer trois jours. Nous n'avons pas assez d'elements pour savoir avec
certitude s'il vaut mieux contourner par le sud ou par le nord, et nous
avons choisi le nord de facon a ne pas etre plein vent arriere dans les
vents faibles et a pouvoir marcher a 5 ou 6 noeuds sous gennaker, avec
le vent a 130 ou 140 degres.
Yesterday, nous sommes arrives a la fin du pain que nous avions achete a
Lobito, qui en fait etait completement rassis. Olivier l'a prepare en
"pain perdu", en trempant le pain dans un melange de lait et d'oeufs
battus, puis en les faisant frire legerement a la poele. Excellent
resultat, et nous nous sommes regales.
Les jours passent, trois heures en haut, trois heures en bas, sans
beaucoup d'excitation. Lorsque nous etions encore pres de la cote
Africaine, nous avons vu pas mal de baleines, requins, dauphins, et
autres tortues de mer. Mais maintenant que nous sommes au milieu de la
mare (nous sommes en train de passer a 240 milles au nord de St Helene),
il n'y a pratiquement aucune vie marine. Juste quelques poissons
volants, dont certains atterrissent sur le pont la nuit, et quelques
oiseaux tres rares.
Je ne peux pas passer trop de temps sur l'ordinateur, car avec le ciel
couvert, les panneaux solaires ne donnent pas grand chose et
l'ordinateur consomme 4 amperes. Donc restrictions pour eviter d'avoir a
faire tourner le generateur trop souvent et trop longtemps.
Et donc, nous sommes tres occupes a ne rien faire, ce qui n'est pas tres
enthousiasment. Et il y a encore deux semaines a tenir avant le Bresil.
L'ocean indien etait plus vivant.
lundi 8 novembre 2010
Mayonnaise
exclusivement a propos des Freres de la Cote. Et donc j'ecris des
articles sur le voyage, et j'ecris des articles sur les Freres de la
Cote. Je m'excuse aupres de ceux qui ne font pas partie de notre
communaute et qui soit ne sont pas interesses soit ne comprennent pas de
quoi je parle. Mais tout cela fait intimement partie de moi meme et je
ne peux pas ignorer une ou l'autre partie. De plus, je n'ecris pas pour
plaire ou pour tenter de convaincre. Je me contente de laisser sortir
mes sensations et mes sentiments qui sont le resultat des diverses
experiences que je vis pendant ce voyage. Certains articles ont ete
loues, d'autres ont ete critiques, et cela ne me pose aucun probleme.
C'est ce que je ressens et a 70 ans, je suis un produit fini. Je
n'envisage pas d'etre reconstruit ou modifie.
Hier, j'aie fait de la mayonnaise pendant que Papy Jovial filait
allegrement a 8 noeuds sous gennaker. Habituellement, je ne fais pas de
mayonnaise en mer, car j'aime au debut ajouter l'huile presque goutte
par goutte jusqu'a ce que l'emulsion prenne. Et sur une plateforme
mouvante, comme l'interieur de Papy Jovial, pas facile. Mais cette fois
ci, ce fut un succes.
Je demarre ma mayonnaise un peu comme tout le monde, avec un jaune
d'oeuf, du sel et du poivre et un petit peu de moutarde (mais c'est de
la triche !) pour demarrer l'emulsion. J'utilise un bol semi-spherique
de facon a ce quand je monte la mayonnaise, aucune partie n'echappe a
mon coup de fourchette. Car j'uilise une fourchette en inxo pour la
monter. Au fur et a mesure que vous ajoutez de l'huile (j'utilise soit
de la Canola soit de l'huile d'arachide, l'huile d'olive ayant un gout
trop fort), la mayonnaise devient de plus en plus ferme. Je continue
jusqu'a ce qu'elle forme une grosse boule bien ferme au milieu du bol.
Si c'est pour de la viande, je fais bouillir la valeur d'une cuilleree a
soupe de vinaigre (dans une louche en inox ou une mesurette en inox), et
je jette le vinaigre bouillant en une seule fois dans la mayonnaise,
tout en remuant vigoureusement. La mayonnaise prend une couleur plus
claire, sa texture devient plus onctueuse, elle perd son gout d'huile et
se conserve mieux au frigo sans se decomposer.
Si c'est pour du poisson, j'utilise un jus de citron presse a la place
du vinaigre. Si c'est pour des crevettes, du crabe, de la langouste,
etc..., j'utilise du cognac. Ensuite j'ajoute du Ketchup pour obtenir
une couleur rosee et je termine par une pincee de poivre de cayenne pour
lui donner un peu de ressort. Et voila, Vous avez une excellente "sauce
cocktail".
Auourd'hui, nous avons bien progresse. Et nous n'avons plus de courant
contraire. Pour les dernieres 25 heures (nous avons retarde les montres
d'une heure pour nous mettre a GMT), nous avons parcouru 170 milles sur
l'eau et sur le fond. Plus que 2221 milles jusqu'a l'entree du chenal
de Cabedelo. Je pense toujours que nous y arriverons le 24 dans la
journee. Peut etre plus tot . Depuis le depart de Lobito, nous n'avons
utilise le moteur que pendant une heure pour sortir du port, et nous
n'avons eu a faire tourner le generateur electrique que pendant 2
heures. Le ciel persiste a rester couvert et les panneaux solaires en
sont tout marris ! Peut etre qu'une fois passe St Helene, nous aurons du
ciel bleu et de l'air plus chaud.
Nous trouvons l'ocean atlantique Sud, tout au moins la partie ou nous
nous trouvons, plus comfortable que l'Ocean Indien. La mer est beaucoup
mieux organisee et une fois que Papy Jovial s'est cale sur ses 10 degres
de gite sur tribord, il n'en bouge plus et la cuisine devient bien plus
facile.
dimanche 7 novembre 2010
On allonge la foulee
sortons pas trop mal, bien que depuis le depart nous soyons au pres.
Mais depuis ce matin, le gennaker est de sortie.
Le premier jour, on ne s'etait rapproche de Cabedelo que de 88 milles.
Le deuxieme de 143, le troisieme de 139 et aujourd'hui de 150. Compte
tenu du fait que je m'attendais a au moins 500 milles de calmouille pour
nous sortir de l'Afrique, le resultat est plutot bon. Pour l'instant, si
nous pouvions faire un rapproche moyen de 138 milles par jour, nous
arriverions a Cabedelo vers les 7 heures du soir le 24. Encore 2384
milles a faire, donc tout peut encore changer.
Sinon, nous avons un ciel couvert, une temperature qui a bien baisse
depuis Luanda et une mer relativement calme. Tout ce qu'il nous faut,
c'est du portant pas trop sur l'arriere et pas trop mou.
samedi 6 novembre 2010
Pirates et Freres de la Cote
n'appartenant pas a la Marine Royale attaquaient les vaisseaux de
commerce espagnols retournant en Espagne depuis l'isthme de Panama, il
n'y avait en espagnol qu'un seul mot pour designer ces attaquants,
qu'ils soient pirates, flibustiers ou corsaires, et ce mot etait "piratas".
Et je suis profondement convaincu, a moins qu'on ne me prouve le
contraire documents a l'appui, que lorsque en 1951 un groupe de Yachtmen
chiliens ont fonde la "Hermandad de la Costa", traduit en Francais par
"Freres de la Cote", ils n'avaient nullement a l'esprit une quelquonque
filiation spirituelle avec les "freres de la cote" de l'ile de la
Tortue, ces derniers n'etant pas differenties dans le vocabulaire
espagnol des pirates. La seule difference a l'epoque etait le destin des
uns et des autres selon le groupe auquel ils appartenaient (etre pendu
ou pas). Et ces fondateurs chiliens ne se rejouiraient surement pas de
voire certains d'entre nous jouer au pirate aujourd'hui.
Le fait est qu'un pirate est un criminel de droit commun operant dans le
domaine maritime. C'est la definition legale et la seule acceptee par tous.
Il y a eu des pirates depuis le jour ou l'homme s'est aventure en mer,
il y plusieurs milliers d'annee, partout ou le commerce maritime
existait, comme la longue histoire maritime de la Mediterannee et de la
mer de Chine en attestent. Il y a eu des pirates tout au long de
l'histoire, et aujourd'hui ils sont actifs dans de nombreuses regions du
globe, bien que cependant, aucune region ne soit plus dangereuse que
celle de la cote de Somalie ou la prise de bateau et d'otages sont les
plus frequents. L'activite des pirates le long de la cote Est de
l'amerique du nord et dans la Caraibe au 17 et 18eme siecle ne
represente qu'une infime partie de l'histoire de la piraterie.
Personne ne peut douter de la veritable nature de la piraterie. Les
pirates sont fourbes et violents. Ils sont armes et attaqueront toute
proie qui leur semblent avoir le potentiel de leur apporter un profit,
aussi petit soit il. Les pirates volent, violent, tuent, prennent des
otages, exigent des rancons. Ils ne jouent pas. Souvenez vous de Leon
Klinghoffer jete a la mer dans sa chaise roulante depuis le pont de
l'Achilles Lauro en Octobre 1985. Le fait est que beaucoup de marins
aujourd'hui continuent a etre tues (Sir Peter Blake) ou serieusement
blesses chaque annee par des pirates en sont la demonstration.
Beaucoup de pirates, contemporains et anciens, sont des criminels
condamnes qui cachent leur vraie identite derriere des surnoms.
Les pirates n'ont pas l'amour de la mer. Ils se contentent de l'utiliser
comme terrain d'action pour conduire leurs activites criminielles.
L'uniforme de pirate n'existe que dans l'imagination a la Walt Disney.
Cela n'existe pas. Les pirates se contentent de porter ce qu'ils ont
sous la main comme vetements, y compris dans les prises qu'ils font.
En bref, il n'y a rien de plus etranger a ce que les Freres de la Cote
d'aujourd'hui representent que les pirates. En fait, l'utilisation de
surnoms n'existait pas au Chili ni dans le reste de l'amerique du Sud
jusqu'a une epoque relativement recente quand cette "coutume" fut
introduite par des confreries europeennes.
J'aie beaucoup de mal a comprendre pourquoi dans tant d'occasions ou se
tiennent des fetes de la confrerie, on nous demandent de nous deguiser
en"pirate", ou bien on utilise carrement le mot pirate pour designer la
soiree,ou pire encore, on utilise le fameux logo pirate (crane et tibias
croises) comme embleme de nos groupes. Pour moi, l'utilisation de ce mot
ne peut que nuire a long terme aux valeurs que nous representons (amour
de la mer et solidarite), et je ne vois pas que cela puisse ajouter quoi
que ce soit au plaisir et au bonheur que nous avons a nous retrouver
entre Freres de la Cote. Et j'espere qu'il n'y aura pas besoin d'un 11
Septembre de la mer pour que le message passe.
jeudi 4 novembre 2010
Sortie d'Afrique
continent sud americain. Cela sent l'ecurie.
Mais ce depart ne se fait pas sur une note tres positive.
Le troisieme jour de notre escale a Luanda, nous avions voulu essayer un
restaurant apparemment propre et proche du Club Nautique. La, j'aie
commis l'erreur monumentale de manger deux tranches de tomates crue avec
un morceau de viande ultra cuit et du riz. Et depuis, c'est la courante
que je n'arrive pas a stopper. J'aie essaye de l'Imodium, j'aie essaye
yaourts et diete d'aliments non agressifs. Rien n'y fait. J'aie du
attraper un parasite intestinal, et il ne s'en ira pas de son plein
gre. J'espere pouvoir resoudre le probleme a Cayenne qui est bien equipe
pour les maladies tropicales.
Par ailleurs, j'aie perdu l'ecran de l'ordinateur du bateau. Ou plutot,
c'est l'envoi de signaux de l'ordinateur vers l'ecran qui ne se fait
plus, ce qui semble incriminer la connection VGA. J'aie pu installer un
petit ecran portable que j'utilise quand je veux l'image de la carte
dans le cockpit. Cela marche, ce qui montre que cote ordinateur tout va
bien. Lorsque j'en aurai l'energie, je vais voire s'il n'y a pas moyen
de changer le cable VGA de l'ecran.
Cote meteo, pas la grande gloire non plus. Dans les premieres 24 heures
nous ne nous sommes rapproches de Cabedelo que de 86 milles alors qu'il
en reste 1793 a couvrir. Si le vent ne veut pas cooperer, cela va etre
une bien longue traversee.
Enfin, la bonne nouvelle est qu'il fait beau, soleil, ciel bleu et mer
relativement calme. . . .
On ne peut pas tout avoir.
mardi 2 novembre 2010
Vive l'Internet
Lobito est une petite ville, toute petite comparee a Luanda, avec l'avantage que c'est tres calme, beaucoup plus propre et ou finalement, il me parait qu'il soit plus facile de vivre ici que a Luanda.
La marina est convenable, avec un ponton flottant, de l'electricite et de l'eau. Pour le reste, pour des raisons que nous avons du mal a comprendre, la marina est quasiment morte. Tout autant que le club voisin, qui s'appelle le Club Ferroviaire. Mais je suis content de m'etre arrete ici car cela nous permet de voire un aspect different de l'Angola.
En fait, je ne comptais m'arreter ici que pour quelques heures, le temps de refaire le plein de carburant, d'acheter quelques vivres frais et de repartir. Mais Eole en a decide autrement. Depuis notre arrivee, il est carrement absent et il se pourrait qu'un doux zephyr nous permettre de repartir demain matin. Rien de certain.
Rendez vous donc a Cabedelo dans trois semaines.
lundi 1 novembre 2010
Au revoir Luanda !
soir, Mario Fontes avait organise un diner avec tous les Freres de la
Cote presents en ville et quelques proches amis. Grande soiree bien dans
la note des evenements Freres de la Cote.
Samedi matin, on m'avait demande de placer Papy Jovial au ponton
visiteurs des 10 heures du matin, alors que nous avions prevu de partir
a midi. C'etait parce qu'etaient prevus au programme des interviews avec
les media locaux. Cela avait lieu autour de la table des principaux
membres du Club, sur le balcon du club qui domine le ponton visiteurs.
Autour de la table, des dignitaires locaux et deux charmantes
representatrices de l'Alliance Francaise, toutes surprises de nous voire
la. Nous aussi d'ailleurs ! Nous aurions bien aime les rencontrer des le
debut de la semaine au lieu de la derniere heure. En tout cas, moment
agreable ou nous avons raconte pour les auditeurs de Luanda comment nous
vivons ce voyage autour du monde.
Ensuite, apres avoir fait visiter le bateau aux uns et aux autres, ce
fut l'heure de larguer les amarres. La plupart des membres du "Clube
Naval de Luanda" etaient au balcon a nous applaudir pendant que nous
quittions la marina et hissions le Gennaker des que possible.
Ensuite, nous fumes escortes jusqu'a la sortie du port, c'est a dire
pendant plus de 3 milles, par les deriveurs de l'ecole de voile attaches
au Club. Nous etions donc entoures d'une flotille de Vauriens, Laser et
420, chacun faisant de son mieux pour rester le plus pres de nous. Super
spectacle. Une fois sortis du port, nous avions encore avec nous trois
des voiliers de Freres de la Cote, en route pour leur base de Mussolo,
et nous faisant un dernier bout de conduite.
C'est de loin l'adieu le plus impressionnant auquel j'aie pu assister
depuis mon depart de Norfolk ! Bravo Luanda et bravo au Clube Naval de
Luanda !
Le groupe des Freres de la Cote de Luanda et celui de l'Afrique du Sud
ont en commun, entre autres choses, d'etre tres impliques dans un effort
d'apprentissage de la voile pour les jeunes defavorises de leur region.
A Cape Town nous avions visite la super ecole de voile de Simonstown
geree par Koos Louw et Manuel Mendes. Ici a Luanda, c'est une ecole de
voile liee au club, mais ce sont des Freres de la Cote qui sont a tous
les postes cles qui supervisent cet effort, Commodore et Vice-Commodore,
President et Vice-President du Club, President de la Federations des
sports Nautiques, etc . . . Je trouve vraiment fantastique de voire en
action ce partage de l'amour de la mer qui fait partie de notre credo.
En ce qui concerne le pays, je n'aie vu qu'une petite partie de Luanda,
et pour le reste, j'aie du me contenter de ce que m'ont dit les amis que
j'aie rencontre. Vous aurez peut etre une meilleure idee en visitant
Wikipedia et le Fact Book de la CIA. En tout cas, ce que j'aie vu, c'est
une cite prevue pour 800,000 habitants qui en abrite 5 ou 6 millions et
dont les infrastructures sont totalement saturees. La circulation est
pratiquement impossible et d'ailleurs nous avons constate que beaucoup
de dirigeants, qui ont une ou deux voitures dans leur garage,
choisissent de circuler a moto pour ne pas passer la journee au volant.
Mon experience, circulant pendant trois jours a la recherche d'un visa
pour le Bresil ou pour aller au supermarche, est que la vitesse moyenne
en voiture dans la journee doit se situer aux environs de 2 kilometres a
l'heure !
Ce qui est remarquable est le calme des Angolais dans ces circonstances.
Je n'aie vu personne perdre son calme, je n'aie pas vu d'accrochages
alors que les voitures se frolent constamment. Mais il n'y a aucune
agressivite et chacun prend son parti et essaie de s'en sortir au mieux,
tout en restant tres courtois avec les autres usagers de la route. Bonne
lecon pour ceux d'autres grandes villes un peu plus nerveux.
L'Angola est sans contexte un pays en plein effort de reconstruction
apres plus de 30 de guerre devastatrice. Malgre cela, la gentillesse et
l'aide constante que j'aie recu des membres du Club et des Freres de la
Cote font que cette escale a Luanda restera sans doute une des
meilleures du voyage.
vendredi 29 octobre 2010
Mussulo et Luanda
Fizz 43 de Jeanneau, etait venu a notre rencontre, a pres de 10 milles
de l'entree du chenal vers leur repaire, mais rapidement, quatre autres
voiliers se sont joints a l'escorte et nous ont accompagne jusqu'a
l'abri appartenant aux Freres de la Cote sur la presqu'ile de Mussulo.
J'aimerai pouvoir vous faire partager toutes les photos, mais les
connections internet sont parmi les plus aleatoires que j'aie vu depuis
mon depart de Norfolk, et il vous faudra attendre Cayenne.
En tout cas, heureusement que le courant nous a fait arriver a la pointe
Mussulo en avance, car il restait encore un bon bout de chemin pour
aller jusqu'a notre mouillage. Heureusement aussi qu'il y avait une
heure de difference, ce qui nous a permis d'arriver tout a fait a temps
pour le verre de bienvenue.
L'acceuil des freres de Luanda a depasse tout ce a quoi je m'attendais.
Il s'agit d'un groupe bien soude, qui se rencontre frequemment, parfois
au club de Luanda, et souvent le week end a Mussulo. J'aie eu en plus la
chance que Luis Gasparinho, qui est le Grand Frere National du Portugal,
soit la en visite, et nous avons pu avoir plusieurs conversations avant
son depart.
Samedi soir, tout le monde s'est donc retrouve pour un diner en commun a
l'abri des Freres, avec familles et enfants, ce qui etait bien
sympathique. Je n'aie pas compte le nombre de bateaux au mouillage
devant la plage, mais il devait bien y avoir au moins une douzaine.
Dimanche matin, Nico, qui dirige un projet de developpement sur une ile
dans le lagon, nous a emmene faire le tour de cette vaste entendue
marine, entre le continent et la presqu'ile de Mussulo. Beaucoup de
maisons de week-end, des hotels de plage, des restaurants, des bars,
bref un endroit apparemment tres populaire pour venir passer le week-end
au bord de la mer, mais a l'abri de la houle.
Apres ce tour de la baie, retour au catamaran de Nico pour un verre,
puis tout le monde s'est de nouveau retrouve a terre pour le repas du
Dimanche, avec en prime la celebration des 56 ans de Mario, le grand
Frere de la table de Luanda.
Ensuite, appareillage en groupe de cinq bateaux et retour pratiquement
en regate de Mussulo a Luanda. La, on s'est fait plaisir. Etant passe en
second a la bouee de sortie du chenal, mais avec quatre bateaux sur nos
talons, nous avons envoye le gennaker, esperant laisser tout le monde
sur place. Mais nos pourvuivants n'ont pas tarde a sortir eux aussi
leur spinnaker, et le retour s'est fait dans une ambiance de regate,
d'autant qu'une fois tournee la pointe qui marque l'entree du port de
Luanda, ce fut un bord de louvoyage ou Papy Jovial a enfin demontre que
la nouvelle helice apportait une vraie amelioration. Dans l'ensemble,
nous avons fait entre 85 et 95 degres entre les bords, ce qui pour moi
est tout a fait fantastique.
Arrivee au ponton carburant devant le club pour les formalites
d'immigration, qui furent faites rapidement et dans la bonne humeur. Le
"Clube Naval de Luanda" est le second plus ancien yacht club d'afrique
apres celui de Durban et a ete fonde le 23 Mai 1883. Les membres du club
en sont tres fiers, et il y a de quoi.
Nous sommes ensuite alles au poste qui nous avait ete assigne, dans une
marina toute neuve, ou plutot encore en construction, et qui offrira,
une fois terminee, toutes les facilites d'une marina moderne. Tous les
membres du club et la direction de la marina se sont mis en quatre pour
nous aider dans tout ce qu'un bateau en grand voyage doit faire dans les
escales, lessive, plein d'eau (fait avec de l'eau "Aqua Pura" telle que
celle utilisee dans les fontaines a eau), plein de carburant,
supermarche, etc....
Je n'aie malheureusement pas le temps de tout raconter, le temps passant
trop vite et trop lentement, et j'aie tres peu de temps libre a
consacrer a l'ordinateur. Mais une fois en mer, je reviendrai sur cette
escale tres differente de ce que j'aie connu depuis le debut du voyage.
Je me suis laisse dire que depuis la fin de la guerre civile, il n'y a
pas eu plus d'une demi douzaine de bateaux de passage, ce qui explique
en partie l'extraordinaire gentillesse et aide dont nous beneficions. Et
les conditions ne sont pas faciles, car Luanda est en plein effort de
recontruction apres 30 de guerre et de destructions, en plus d'une
urbanisation ultra rapide, avec 5 millions de personnes dans une ville
prevue pour 800,00. J'apprecie donc a sa juste valeur les efforts de
tout un chacun pour nous aider. Je reviendrai donc sur cette escale une
fois en mer et au calme.
samedi 23 octobre 2010
Derniere ligne droite
l'arrivee a Luanda ne l'est pas moins. Depuis trois jours solides, nous
sommes en panne de vent et constamment sous moteur. Pas vraiment le pied
quand on aime faire de la voile. Heureusement, nous ne craignons pas de
tomber en panne de carburant.
Avec le moteur regle a 2000 tours, nous marchons approximativement a 5.6
noeuds pour une consommations d'environ 3 litres par heure. Papy Jovial
a un reservoir de 320 litres et par mesure de securite, je garde
toujours un jerrycan de 20 litres sur le pont. Bref, nous avons un rayon
d'action de plus de 500 milles, raison pour laquelle je n'aie pas juge
necessaire de m'arreter a Lobito pour completer le plein.
Mais pendant ces trois jours, nous ne sommes pas restes inactifs. Pour
essayer de tirer profit du moindre souffle d'air qui passait par la,
nous avons passe notre temps a regler les voiles constamment, tantot
rentrant tout pour qu'elles ne battent pas, tantot en ciseaux, tantot
grand voile et genois regle pour le largue, tantot grand voile seule,
tantot genois seul.
Par contre, en ce qui concerne le carburant, ce sera une autre histoire
quand nous allons repartir direct sur Cayenne. De toute facon, au
depart, nous allons devoir descendre Sud en latitude pour essayer de
recuperer du vent. Autant il n'y a pas de probleme a arriver a Luanda
reservoir vide, autant j'aimerai quitter la cote Africaine reservoir
plein car nous aurons a franchir l'equateur et le pot au noir, et aurons
vraisemblablement besoin du moteur pour passer. Nous devrons donc sans
doute nous arreter a Lobito et refaire le plein car je presume qu'au
retour, les premiers jours seront au moteur comme pour l'arrivee.
On nous avait dit que le fameux courant froid de Benguela allait nous
pousser sans probleme jusqu'a Luanda. Nous l'avons bien cherche, mais
tout ce que nous avons trouve, c'est de l'air et de l'eau super froid.
Il y a quatre jours, nous etions encore en sous vetement thermiques,
chandails, bonnet de laine, chaussettes et cires. Aujourd'hui, la
temperature air et eau est aux alentours de 30 degres et nous sommes en
shorts et T-Shirts.
Mais la ligne d'arrivee est en vue. A 9:00 ce matin, nous etions a 28
milles de la pointe de Palmeirinhas ou certains des Freres de la Cote
comptent nous rencontrer pour nous guider vers l'entree de leur ile
privee a la pointe Mussulo.
J'aie appris que le Grand Frere National des Freres de la Cote du
Portugal est en visite en Angola,mais doit repartir demain Dimanche et
je tiens donc a arriver avant l'heure de l'aperitif. Et il y a
maintenant tres bon espoir que nous arrivions a l'entree du chenal a
6:00 ce soir, ce qui nous donne le temps de nous amarrer et de nous
preparer pour cette rencontre.
J'aie l'impression que nous allons vivre une tres grande semaine.
mercredi 20 octobre 2010
On fait dans la diversite .. . .
Largue sous genois et grand voile, grand largue et vent arriere voiles
en ciseaux, ensuite largue sous gennaker, puis de nouveau voiles en
ciseaux, puis relargue, et en dernier, malheureusement depuis la fin de
la matinee, la voile Yanmar. En theorie, nous pouvons aller jusqu'a
Luanda au moteur, nous avons assez de fuel pour cela, mais on s'en
passerait bien. Il nous suffit de 10 noeuds de vent reel pour etre
assures de faire au moins 5 noeuds, et sous voile, il y a quand meme
beaucoup moins de bruit.
Etant au moteur, plus besoin de finasser avec les previsions de vent par
contre et nous pouvons nous mettre sur la route directe. Du coup, il ne
reste plus que 455 milles pour Luanda et a 5.5 neouds, nous pourrions y
arriver tard dans la soiree de Samedi. Mais comme je ne connais pas du
tout l'endroit et que je n'aie que des cartes assez approximatives,
j'attendrai le jour pour entrer si nous devions arriver apres le coucher
du soleil.
La blessure d'Olivier cicatrise bien, Il peut maintenant aider pour les
manoeuvres, mais il faut qu'il fasse attention a ne pas mettre la main
en contact avec de l'eau, pire encore de l'eau de mer. Je pense que
d'ici que nous arrivions a Luanda, il aura retrouve l'usage complet de
sa main.
En parlant d'eau, depuis le depart de Saldanha, nous avons consomme en
moyenne 8 litres d'eau par jour, pour nous deux. C'est la meilleure
moyenne depuis mon depart de Norfolk. Pour la vaisselle, j'aie introduit
une nouvelle procedure, qui est de faire chauffer une bouilloire d'eau
de mer pour laver. Cela degraisse bien mieux et du coup nous n'avons
besoin que d'un bref rincage a l'eau douce. Et cette eau douce peut
resservir deux fois. Je pense que nous economisons de cette facon au
moins 3 litres d'eau par jour.
Cote electricite, nous nous sommes egalement mis a l'economie en
n'allumant l'ordinateur que pour le point de midi et les deux sessions
internet quotidiennes pour les emails, le blog et la demande de fichier
grib. Resultat, nous n'avons eu besoin d'utiliser le generateur
electrique que deux heures depuis le depart, et ce, malgre un ciel
souvent couvert, ce qui n'aide pas les panneaux solaires. Maintenant que
nous sommes au moteur, rechargeant avec un alternateur de 100 amperes,
je pense que nous n'aurons plus besoin du generateur jusqu'a apres avoir
quitte Luanda pour Cayenne.
dimanche 17 octobre 2010
Changement de tactique
toujours a nous battre contre des vents de 35 noeuds, une mer formee,
vent plein sur l'arriere, voiles en ciseaux avec trois ris et une
demi-douzaine de tours dans le genois. A la fin de mon quart a 9 heures,
nous avions grand voile pleine, genois plein, et un vent en chute libre.
A midi, il ne nous restait plus que moins de 10 noeuds de vent et nous
avons du non seulement envoyer le gennaker, mais egalement renoncer au
vent arriere et nous lancer dans des bords de largue pour maintenir une
vitesse decente et empecher les voiles de battre. Du coup, alors que
Luanda n'est plus qu'a 798 milles a vol d'oiseau, nous allons
vraisemblablement avoir a couvrir 1025 milles en bord de largue a moins
de 5 noeuds de vitesse sur l'eau.
Et nous passons d'un mode de lutte contre les forces parfois brutales de
la nature a un jeu plus elabore, ou la ligne droite cesse d'etre le plus
court chemin, ou il vaut reflechir en termes de VMG (velocity made
good), qui est la vitesse a laquelle on se rapproche de l'objectif. Par
exemple, si l'on s'ecarte de la route directe de 30 degres, les 5 neouds
sur l'eau deviennent 4.3 noeuds en VMG. Affaire de cosinus et sinus dont
je vous epargnerai les details.
A ce rythme, il parait maintenant plus probable que nous n'arriverons a
Luanda que le Lundi 25 au matin. Mais je suis optimiste, et je me dis
que les previsions peuvent toujours s'averer pessimistes et que en
realite nous touchions un vent mieux oriente ou plus fort qui nous
permette de reprendre notre vitesse de croisiere.
vendredi 15 octobre 2010
La chevauchee du Benguela
trouve pour la temperature qui se maintient aux environs de 16 degres
celcius, tout cela par 26 degres Sud, mais en ce qui concerne la petite
poussee par derriere, nada, niet, rien. Aujourd'hui, nous avons meme
perdu 2 milles sur le fond par rapport a ce que nous avons parcouru sur
l'eau. Mais finalement, rien de grave car il y a du vent, et meme
beaucoup de vent. Nous avons fait 188 milles sur l'eau au cours des
dernieres 24 heures, ce qui fait une moyenne de 7.8 noeuds, avec une
pointe a 11.8 noeuds, record de Papy Jovial qui etait de 11.4 ecrase.
Dans la bagarre, Olivier a trouve moyen de s'entailler le dos de la
main, entre l'index et le pouce, sur une bonne dizaine de centimetres et
il est pratiquement "hors service" pour les manoeuvres pendant deux ou
trois jours. Il ne dit rien, mais vu la taille de la blessure, je
suppose que cela doit quand meme le gener pas mal, pour ne pas dire
souffrir. Le bon cote, car il y a toujours un bon cote, il est dispense
de vaisselle tant que la blessure n'est pas bien cicatrisee.
La plupart du temps, nous naviguons voiles en ciseaux, mais avec la
grosse houle qui nous pousse derriere, de temps en temps, elle pousse
l'arriere du bateau et le fait pivoter de pres de 60 degres et nous nous
retrouvons avec soit le genois soit la grand voile a contre. Toujours un
moment de stress pour pimenter la journee.
Demain en principe, le vent devrait mollir un peu car les isobares ont
tendance a s'ecarter les uns des autres et donc le gradient diminue. Il
faudrait tout de meme qu'il se maintienne pour nous permettre d'arriver
rapidement a Luanda. Pour l'instant, prevu Samedi matin 23 Octobre a 3
heures.
mercredi 13 octobre 2010
La cote des squelettes
dent. Houle de 3 a 4 metres et pas de vent. Nous avons du sortir
honteusement au moteur sous l'oeil goguenard de la marine sud africaine
qui nous a escorte avec Cobus a son bord.
Et nous avons garde le moteur jusqu'a midi ou un tout petit peu de vent
a montre le bout de son nez. Toutes voiles dehors, nous nous sommes
traines a 3 noeuds avant que la fete ne commence vraiment. Petit a
petit, le vent est monte a 35/40 noeuds, et s'en est tenu la. Nous voila
de nouveau dans la lessiveuse, et sans doute pour un bon bout de temps.
Il y une depression sur le desert de Namibie et un anticyclone a 500
milles a l'ouest du Cap, et nous sommes coinces entre les deux dans un
couloir de vent qui devrait se maintenir pour encore au moins trois jours.
La cote des squelettes (ainsi nommee car elle est parait il jonchee
d'epaves) a la reputation d'etre inhospitaliere, et c'est bien le cas
aujourd'hui.
La temperature est quasi hivernale, a 16 degres, tres humide, et Olivier
a mis des chaussettes pour la premiere fois depuis que nous avons quitte
Sydney. Quant a moi, j'aie le Icebreaker, blouson et bonnet de laine, et
j'aie froid.
MAIS IL N'Y A PLUS DE FUITES !
Apres le travail sur le pied de mat et le changement du panneau avant et
des sabords du carre, le bateau est sec.
Et grace a ce vent muscle, nous avons fait 168 milles pour la premiere
journee, malgre un depart lamentable. Nous avons instructions d'arriver
a Luanda pour le week-end du 23/24 Octobre. Difficile mais pas
impossible. Il nous faut seulement du vent.
Cerise sur le gateau, Olivier a pris un beau thon jaune, d'environ 12
kgs, juste avant dejeuner. Nous en avons pour huit repas.
Avant de partir, j'avais regarde la situation synoptique d'ensemble, et
j'aie vu une zone de vents faibles d'etendant a 500 milles de Luanda.
J'espere que nous y trouverons quand meme un peu de vent. Je veux bien
bruler du gasoil pour arriver a Luanda, mais pour repartir, je
prefererai pouvoir garder mes reserves pour le port au noir entre Luanda
et Cayenne.
Affaire a suivre
lundi 11 octobre 2010
Boucan in Saldanha
Je dois dire que pour quelqu'un habitue aux barbecues a l'americaine, le "braai" se deroule de facon un peu deconcertante. En fait, le seul element qui soit partage par tous, c'est l'instrument de cuisson lui meme "le braai". Pour le reste, chacun apporte ce qu'il desire manger et boire, fait lui meme sa cuisson, et se met a table en ordre disperse au fur et a mesure que les mets sont prets. En fait, cela ne retire absolument rien a l'amitie et la chaleur de la reunion ni aux echanges qui se font entre les uns et les autres sur differents sujets.
J'aie surtout eu le tres grand plaisir de rencontrer enfin (nous nous etions manques a Cape Town suite a des informations mal transmises) le grand frere de la table et grand frere national des freres de la Cote d'Afrique du Sud, Koos Louw. Il se trouve qu'il est egalement amiral et une personne importante dans la marine Sud Africaine. Il est egalement tres implique dans le projet d'ecole de voile que Manuel nous avait fait visiter a Simonstown, qui enseigne aux enfants defavorises des "townships" a construire, reparer et faire naviguer des voiliers, et a gagner des regates au niveau international. Merveilleux projet qui merite d'etre mieux connu, et j'espere pouvoir lui donner une meilleure publicite.
Nous devions appareiller le lendemain matin, Lundi, mais la meteo en a decide autrement et nous avons du reporter le depart a Mardi. Du coup, Manuel est venu en voiture de Cape Town pour nous apporter deux amarres pour remplacer la casse des jours venteux precedents, ainsi que des pieces en teflon pour le chariot de pied de tangon de spi. Ensuite, il nous a emmene faire une autre excursion, notamment au phare du Cap Columbine, endroit repute pour ses brumes, causes de nombreux naufrages qui ont valu a la cote au nord de ce cap le surnom de "skeleton coast" a cause des nombreuses epaves qui la jonchent.
Nous avons fait ensuite un excellent dejeuner dans un restaurant typique en bord de plage, dans le village de "Paternoster".
Retour ensuite sur Papy Jovial pour nous preparer au depart. Et cette fois ci, pas de blagues, nous partons demain matin pour Luanda.
samedi 9 octobre 2010
Braai in Saldanha
En arrivant Dimanche vers 5 heures de l'apres midi, nous avons d'abord ete guide vers le Yacht Club par Louis qui etait venu a notre rencontre sur son bateau. Puis Cobus etait sur la jetee pour prendre nos amarres et ensuite, nous presenter le club et nous familiariser avec les installations, tout cela suivi bien sur de quelques verres au bar du Club.
Lundi Cobus est venu nous chercher pour nous faire faire le tour des installations militaires et de l'academie militaire ou il donne un cours d'informatique. Cobus est un amoureux de la nature et il nous a fourni une masse d'informations non seulement sur la base et les installations, y compris ce qui reste des installations anti-sous marin de la deuxieme guerre mondiale, mais aussi sur les plantes, les insectes, les oiseaux et autres animaux qui se trouvent sur la reserve voisine de l'academie. Journee tres instructive qui nous a permis de continuer a apprecier la diversite de la flore presente dans cette region du monde.
Mardi, c'est Louis qui est venu nous chercher de bonne heure pour nous faire faire une balade de pres de 400 kms de la region interieure dans la zone de Saldanha, qui nous a montre plusieurs aspects tres differents de cette region d'afrique du Sud.
Mercredi etait le jour du "braai" (version sud africaine de barbecue) organise par Cobus pour me permettre de rencontrer ceux des freres de la cote de Saldanha qui ne pourront pas venir Dimanche ou aura lieu un autre "braai" pour les autres freres.
Jeudi, Gert est venu nous prendre pour prendre le petit dejeuner chez lui, mais aussi pour nous montrer le bateau qu'il est en train de construire sur un plan Dudley Dix. Le plan d'origine etait pour un bateau en acier, mais Gert le construit en forme et en bois. Travail superbe. C'est un 43 pieds, sloop avec mat sur le pont, propulseur d'etrave, sail drive pour le moteur, et tout le comfort dont on peut rever pour un bateau de croisiere.
Apres la visite, Louis m'a emmene a la douane et a la police pour des formalites administratives. Il nous faudra revenir a la douane demain car la clearance de sortie ne doit pas se faire plus de 36 heures avant le depart prevu et je prevois de partir Lundi. Ce sont des heures un peu elastiques !
Donc Vendredi, re-douane, cette fois ci avec Gert, ce qui prend une bonne partie de la matinee. Ensuite, poste pour envoyer du courrier, puis quelques courses et diner a bord avec un autres marin que nous avions invite.
Samedi, supermarche, lessive, entretien des winches, etc. . . Journee laborieuse mais il fait tres beau.
Demain sera le jour du dernier "braai" pour rencontrer les freres de la Cote de Saldanha que je n'aie pas encore pu voire, avant de mettre les voiles vers Luanda Lundi matin.
lundi 4 octobre 2010
Le top du top
Le premier jour, ce qui devait etre un petit tour en voiture du centre ville, est finalement devenu une excursion a la Montagne de la Table, ou nous sommes montes en teleferique, puis une visite a "Signal Hill", un dejeuner de "fish and chips" sur le parcours des fans de la coupe du Monde vers le stade, La journee s'est terminee au bar de "La Bascule" ou nous avons rencontre un regatier francais et des constructeurs de bateau. Retour au club, juste a l'heure limite pour diner en vitesse et aller se coucher.
Le lendemain, depart assez tot, cette fois ci d'abord vers Hout Bay puis par Chapmans Peak's drive en direction de Cape Point. Difficile de decrire la beaute des paysages et de la cote par une route cotiere a flanc de montagne.
Cape Point est le vrai cap, par sa hauteur et sa majeste. Vu d'en haut, le Cap de Bonne Esperance semble etre une petite excroissance de moindre envergure. Cependant, avec les rochers qui s'etendent devant lui et les vents souvent violents, on le dit plus traitre que Cape Point. Quoi qu'il en soit, nous avons visite les deux et nous avons ete tres impressionnes par la majeste et la beaute des lieux. Pour un marin, le cap de Bonne Esperance est un des trois grands caps, avec le Cap Leuwin, au coin sud ouest de l'Australie et le Cap Horn qu'il n'est pas necessaire de decrire. Ce jour la, nous avons eu la chance de faire une visite avec un vent de 35 a 49 noeuds, suffisamment fort pour nous faire apprecier cette force qu'est la nature, la mer, les montagnes, toutes agissant ensemble pour fournir un spectacle grandiose.
Pour aller a Cape Point et en revenir, on traverse un tres grande etendue sauvage ou se promenent des babouins, des autruches, des tortues, et d'autres animaux que nous n'avons pas vu.
Apres ce moment fort, Manuel nous a conduit a Simonstown, qui est la base de la marine Sud Africaine. Dans cette base, Manuel fait fonctionner une ecole de voile pour les enfants des Townships. L'ecole leur apprend a naviguer sur des voiliers, leur enseigne l'esprit d'equipe, leur apprend a construire des bateaux, leur fournit egalement un enseignement scolaire a l'aide d'ordinateurs fournis a l'ecole par des donateurs, leur fournit un repas chaud ainsi que le transport aller et retour depuis leur township. Projet remarquable qui demande certainement un peu de publicite.
Apres cela, nous sommes alles voire une plage ou vit une large colonie de pingouins, puis nous nous sommes arretes dans un petit village de pecheurs pour un dejeuner de tapas de fruits de mer dans un environnement on ne peut plus marin. Nous etions assis contre une fenetre qui etait le seul obstacle entre nous et les vagues assez musclees dans ce fond de False Bay qui viennet battre les rochers qui sont devant cette fenetre.
Retour ensuite au Club, epuises mais ravis de cette fantastique journee. Merci Manuel pour ton temps, pour ta passion pour la mer et pour tout le coeur que tu mets dans tout cela.
mercredi 29 septembre 2010
Le parfait petit touriste
Et bien, nous avons fait exactement le contraire. Dimanche, nous nous sommes bases sur la meteo locale, et nous avons decide de faire le circuit "rouge" des bus de visite touristique de la ville avec un etage superieur decouvert, pour nous arreter au stop 13, qui est le depart du teleferique pour le sommet de la montagne de la Table. En fait, passe l'arret 4, la pluie a commence a tomber, crachin au debut, presque supportable, pour ensuite devenir pluie drue qui nous a chasse vers l'etage inferieur. Malheureusement, tout le monde avait eu la meme idee, et nous nous sommes retrouves comme dans une boite de sardines, avec deux fois plus de gens que de sieges disponibles. Nous decidons donc de descendre du bus, dejeuner tranquillement, puis pluie ayant surement cesse, reprendre le bus pour nous arreter au stop 13. En fait, la pluie attendait que nous remontions dans le bus pour se remettre a tomber, et nous avons fait le reste du tour a l'etage inferieur, pendu au poignees et tasses de nouveau comme des sardines. Il y avait bien un commentaire pour expliquer ce que qu'il y avait a voire, mais le brouillard est tombe, et il n'y avait plus rien a voire.
Le lendemain matin, le sommet de la montagne disparaissait sous les nuages et nous avons decide que cela ne serait pas un beau jour et d'en profiter pour visiter le musee maritime et verifier les disponibilites des differents supermarches et centre commerciaux. Ce jour la, ciel bleu, soleil, bref nous avions tout faux.
Mardi donc, nous repartons pour le circuit rouge et l'arret 13! Le temps etait au beau fixe et tout s'annoncait bien, sauf que tout le monde avait eu la meme idee et a l'arret 13, il y avait une queue d'au moins deux heures pour pouvoir monter dans le teleferique. Donc nous decidons de repartir avec le bus, faire une petite marche le long du bord de mer, dejeuner tranquillement, reprendre le bus pour l'arret 13, etc. . . .
Malheureusement, nous sommes descendus du bus un arret trop tot, et la petite marche s'est avere une marche de deux heures, sans restaurant a l'arrivee. Remontee dans le bus, cette fois jusqu'au Waterfront, dejeuner dans un restaurant belge (moules et frites) et retour au bateau, epuises par une vraie journee de tourisme.
Aujourd'hui, un autre membre du club super gentil et serviable, nous a propose de nous emmener en voiture faire nos provisions. Ce que bien sur nous avons accepte et qui nous a pris pratiquement tout l'apres midi. Mais enfin, les provisions sont faites avec l'essentiel de l'epicerie pour tenir jusqu'a Cayenne.
Demain, formalites d'immigration, dernieres provisions pour les fruits et legumes, plein de carburant et d'eau. Sans doute pas trop de temps pour faire du tourisme. Et j'espere pouvoir passer un peu de temps avec Manuel qui est suppose atterir ce soir au Cap.
En fait, je pense que si l'on veut visiter tout ce qui merite d'etre visite au Cap, mieux vaut planifier une escale d'au moins trois a quatre semaines. C'est une ville tres differente de ce que nous avons vu jusqu'a present, ville pleine de vie et visiblement tres tournee vers l'art sous toutes ses formes.
vendredi 24 septembre 2010
Le Royal Cape Yacht Club
Des le Lundi matin, Ivan, qui travaille avec Manuel, a commence a installer les six nouveaux hublots du carre qui pratiquement fuient tous. Il en a maintenant fini et Lundi prochain, il va pouvoir s'attaquer au panneau avant. Dans l'ensemble, nous esperons que cela va rendre le bateau beaucoup moins humide qu'il n'a ete jusqu'a present.
Manuel est probablement le seul frere de la cote qui habite a Capetown, mais il a du s'absenter juste avant notre arrivee pour des raisons familiales. Il est prevu revenir Mardi.
Ensuite, Graham, avec qui j'etais en contact par radio car il gere avec Alistair le reseau meteo d'AFrique du Sud pour la BLU, m'a mis en contact avec Tom, yachtman avec une vaste experience, qui navigue pratiquement 7 mois par an et qui n'hesite pas a aider ceux qui comme moi ont des problemes qu'il n'arrivent pas a resoudre. Il est donc venu sur le bateau pour regarder le pilote electrique, et alors que je pensais avoir a remplacer pompe hydraulique et moteur, il a conclu que c'etait reparable, a emmene l'unite chez lui, et va me la ramener demain matin, reparee.
Pour le reste, Olivier et moi avons pu faire tous les petits travaux qui sont toujours necessaire apres une traversee, que ce soit les connections electriques, le greement, prendre soin des batteries et du moteur, etc....
En meme temps, nous avons commence a explorer Capetown. A l'autre bout du bassin ou nous sommes, il y a une zone qu'ils appellent "Le Waterfront", ou se trouvent marinas pour les bateaux de charter et de peche, des chantiers, un centre commercial et des boutiques, tout cela amenage a des fins touristiques et le resultat est plutot bon.
Cet apres-midi, un membre du club rencontre au cours d'un repas, est venu nous chercher pour nous faire faire le tour de la montagne de la table en passant par les vignobles a l'est de la montagne, puis Hout Baai, petit port de peche sur la cote ouest, puis le front de mer et les plages. Promenade tres agreable qui nous a permis de mieux saisir la geographie d'ensemble de Capetown.
Comme pratiquement tous les freres de la Cote d'Afrique du Sud habitent a Saldanha, il me faudra attendre d'y aller pour les rencontrer. En principe, si les vents nous font le plaisir de souffler dans la bonne direction, nous devrions y aller Vendredi 1er Octobre.
lundi 20 septembre 2010
Le point le plus Sud !
De fait, au depart de Mossel Bay, les conditions etaient bien aussi musclees que prevues. Un vent d'est de 30 noeuds, 4 a 5 metres de creux, des grains continuels, une temperature siberienne (en tout cas, pour nous qui sortons des tropiques, 17 degres font frissoner), tout cela promettait une traversee musclee mais rapide. Helas, cela fut de courte duree. Des le debut de l'apres midi, le vent commencait a decliner, et a minuit, il fallut mettre le moteur en route. La quasi pleine lune, les albatros, baleines et dauphins ne suffisaient pas a nous faire oublier notre deception. Passer le cap Agulhas au moteur, c'est un comble. Pas de quoi figurer dans les livres d'histoires.
Heureusement, en approchant du fameux cap des Tempetes (j'aie nomme le cap de Bonne Esperance), les conditions meteo ont commence a tenter de justifier le surnom du Cap. Creux atteignant maintenant les 6 metres, vent de Sud Est de 35 noeuds, visibilite reduite a moins de 2 milles, on se serait cru en Bretagne. A propos, le cap de Bonne Esperance n'est qu'un minable petit promontoire sur le flanc d'une peninsule au bout de laquelle se trouve Cape Point, qui lui a fiere allure, un peu genre Cap Frehel.
C'est a ce moment la que le systeme de blocage de la roue du regulateur d'allure sur la barre a casse, et nous avons eu quelques moments d'emotion car cela valsait pas mal. Premier essai avec une pinoche en bois n'a dure que quelques minutes, le cisaillement provoque par les mouvements contradictoires des deux roues en inox machant le bois rapidement. Finalement, nous avons trouve un manillon de la bonne dimension, et nous avons pu repartir sous regulateur d'allure.
La fete de toute facon n'a pas dure bien longtemps. Arrive a la hauteur de Hout Baai, le vent est completement tombe pour remonter du Nord a 20 noeuds. Donc moteur, et je ne nous voyais pas arriver, car 20 noeuds dans le nez est une allure que Papy Jovial deteste, et meme moteur a 2500 tours, nous ne faisions pas plus de 3 noeuds. Mais finalement, le vent est retombe de nouveau, toujours de secteur Nord, et vers les 1 heures du matin, nous sommes enfin entres dans le port de Capetown. Tous nos efforts pour contacter Port Control a la VHF etant reste vains (c'est Dimanche, et tres bonne heure !), nous sommes alles directement au bassin du Royal Cape Yacht Club et nous sommes amarres au premier poste disponible. Dans les 10 minutes, nous etions profondement endormis, heureux d'etre enfin dans l'Atlantique Sud. Cette fois ci, il n'y a plus de monstres meteos sur notre route, au moins statistiquement parlant !
jeudi 16 septembre 2010
Mossel Baai
C'est vraiment dommage que tous ces aspects positifs soient endommages par des mesures de securite tres hautement visibles dans toute la ville. Un grand nombre de magasins ne donnent acces qu'a distance pour ouvrir une grille en fer forge, il y a des gardes de securite de compagnies privees pratiquement a tous les coins de rue, il y a meme des "gardiens de voiture" qui surveillent les voitures en stationnement. De mon bateau aux toilettes du Yacht Club, il n'y a pas moins de quatre barrieres de securite, toutes avec des systemes differents (cle, badge magnetique, gardes de securite, interphone, etc....) ce qui ne donne pas envie d'aller faire un tour au club pour boire un verre.
Dans ce port hyper protege de la mer, il y a quand meme une houle residuelle qui reussit a entrer et les mouvements continuels du bateau au ponton fatiguent bien les amarres.
Dehors dans la baie, il y a les baleines. . . . Apparemment, le Yacht Club ne les paie que pour le Week End, car nous ne les avons pas vu en semaine, mais elles ont fait le spectacle Dimanche.
Dans le port, ou regne une activite intense de peche il y a les otaries qui font une partie du spectacle.
Si tout se passe bien, ceci est notre derniere escale dan l'ocean indien car demain soir, nous passerons le Cap des Aiguilles pour entrer dans l'Ocean Atlantique Sud.
lundi 13 septembre 2010
A petit pas !
Au depart de Port Elizabeth, je ne me faisais pas de soucis, car les predictions etaient que nous aurions du calme pour la nuit, mais que le vent reviendrait de l'est a 20 noeuds le Samedi. Samedi est venu, mais pas de vent. Puis la nuit est venue, toujours pas de vent. Quand au petit matin de Dimanche j'aie vu que l'on en avait sans doute pour jusqu'a Capetown, j'aie decide de rentrer a Mossel Baai pour attendre un peu de vent et faire un peu de fuel.
Le tout petit que nous avons vu pour l'instant de Mossel Baai fait que je suis bien content de m'y etre arrete.
Je vous raconterai. Promis.
jeudi 9 septembre 2010
Les choses qui ne changent pas . . . .
Sortant de East London, comme prevu, pas de vent. Nous nous y attendons sans trop d'impatience car nous savons que le vent doit rentrer de l'est vers les 8 heures du matin. Nous nous attendions a une nuit plutot calme au moteur. Et bien non. Vers 10 heures du soir, alors que je viens de prendre le quart, la vitesse du bateau chute a moins d'un noeud alors que tout le reste est normal. Je me precipite verifier si l'arbre moteur tourne bien, si le loch n'est pas coince, et enfin, ce que j'aurai du faire en premier, je vais voire derriere et bien evidemment, je vois cette longue longue double ligne de cordage accrochee au safran. Cela tire beaucoup trop fort pour que nous puissions la manipuler et nous coupons des deux cotes en gardant assez de longueur pour amarrer le bout restant au bateau. Ensuite nous essayons de tirer d'un cote (evidemment, il s'averera que c'etait le mauvais cote a tirer), cela vient sur 2 metres puis se coince. Apparemment, le cordage est coince sous le safran et c'est un mystere pour nous qu'il siot arrive la, mais de toute facon, en pleine nuit sans lune, et une forte houle de 3 a 4 metres, puisque l'helice n'est pas touchee et que le safran fonctionne, nous repartons, mais cette fois, destination Port Elizabeth.
A 3 heures du matin, toujours pendant mon quart, je m'apercois que la profondeur est remontee a 50 pieds (15 metres), puis 45, puis 40, puis 35 puis 30. Je me fais vraiment du mouron. Je verifie la carte, verifie notre position, impossible d'expliquer cette profondeur. Et puis, d'un coup, la profondeur redescend a 300 pieds, ce qui devrait etre. Je me rasserene, et je reprends ma petite routine (nous barrons a la main car le pilote electrique a rendu l'ame). Pour 20 minutes seulement. Car tout pres du bateau, sans doute moins de 10 metres, j'entends l'enorme son que fait une baleine quand elle vient en surface pour respirer. Terrifiant. Et surtout, je ne peux me retirer de la tete cette image du voilier, dans la baie de Capetown, ou une baleine a saute hors de l'eau et est retombee sur le voilier, detruisant le greement mais heureusement sans blesser personne. C'est la derniere chose dont j'aie besoin pour l'instant, et je passe le reste de mon quart a scruter en vain l'obscurite totale d'une nuit sans lune.
Et le lendemain matin au jour, nous verrons tout autour de nous les jets d'eau de ces baleines, heureusement aucune d'entre elles pres de nous.
A la tombee de la nuit, nous entrons a Port Elizabeth, et nous trouvons un poste au Yacht Club local, aide par des membres du club qui sont la. L'un d'entre eux d'ailleurs, Miguel, qui est de passage au long terme, nous aide a amarrer Papy Jovial. Du coup, nous l'invitons a boire un verre au bar du Club, puis a partager notre diner autour d'une bonne bouteille de vin.
Evidemment, quelques aperos supplementaires avant le diner. Je ne sais pas si cela a un rapport, mais en nous quittant, Miguel trouve le moyen de tomber a l'eau. Coup classique. Un pied sur le ponton, l'autre toujours sur la marche d'acces du bateau, le bateau s'ecarte, Miguel fait le grand ecart, mais il n'a pas une longueur de jambes illimitee, et donc la gravite fait le reste. Heureusement pas de bobos. Ce n'est que de l'eau apres tout.
Aujourd'hui, nous avons degage le cordage du safran, fait le plein de diesel, et maintenant nous attendons le passage d'un coup de vent de sud ouest qui nous interdirait de partir. Il est 5 heures de l'apres midi et le vent souffle a plus de 30 neouds. C'est bon d'etre au port.
lundi 6 septembre 2010
enteringAgulhasCurrent
Pendant la traversee du canal du Mozambique, nous avons joue avec les courants, subi quelques calmes qui nous ont oblige a barrer car le pilote eletrique a rendu l'ame, pour enfin nous presenter sur la rive du courant des aiguilles. Pendant quelques heures, un vrai bonheur. Des moyennes a plus de 10 noeuds, vent portant, tout baigne.
C'etait trop beau. a 9 heures du soir Samedi, le vent qui etait du Nord Est a moins de 15 noeuds est brutalement passe au SW en montant a pres de 30 noeuds. Je me suis senti plutot nerveux. Nous etions encore a 35 milles de East London, aucun endroit a terre pour se cacher, toutes sortes de scenarios catastrophe me passaient pas la tete. Mais je savais que s'il s'agissait d'un de ces fameux "busters" au sein desquels se forment les vagues scelerates, le barometre etait suppose chuter rapidement. En fait, il restait bien sagement a 1015 millibars et j'en aie conclu que cela n'etait qu'un mauvais moment a passer, en prenant patience. Par mesure de securite quand meme, nous avons pique vers la terre pour nous mettre a l'interieur de la ligne des 200 metres de fond, puis nous avons continue au moteur vers East London. Ces 35 milles ont semble bien long, mais finalement a 3 heures du matin, nous sommes rentres dans le port pour nous accoster tout au fond sous un pont et devant un restaurant et un poste de police. On pourrait trouver plus mal !
Il s'avere qu'il est extremement rare qu'un voilier entre a East London en provenance de l'etranger, la quasi totalite choisissant de passer par Richards Bay puis Durban. Personne n'est donc presse de nous faire l'entree officielle. D'autant que les fonctionnaires d'etat sont en greve.
Apres un bon dodo jusqu'a tard dans la matinee du Dimanche puis un bon repas au restaurant d'a cote, nous sommes alles en ville. Le Dimanche tout est ferme, mais cela ne nous empeche pas de voire que la ville est tres sale, plutot triste et donnant l'impression d'etre plutot en chute du point de vue economique. Cette impression se confirmera le lendemain, ou nous retournerons pour essayer de nous procurer une carte SIM pour mon telephone et une cle 3G pour l'ordinateur. Tout cela se fera, mais en de nombreuses etapes qui nous permettrons de remarquer les barbeles autour des maisons privees, les portes en acier des magasins, quand ce ne sont pas carrement des portes de prison. Qu'on soit dehors ou dedans, on est enferme. Pas tres gai.
La meteo devrait nous permettre de repartir demain Mercredi, sans doute pour Mosselbay car notre routeur meteo nous a dit qu'il etait extremement rare qu'un voilier puisse rallier Capetown depuis East London directement.
Peut etre meme qu'avant de partir, nous finirons par avoir un tampon sur nos passeports si les officiers d'immigration veulent bien se deplacer. Sinon, les policiers d'a cote nous ont promis des tampons. On verra bien. Mais de ce point de vue la, on ne peut pas se plaindre de leur laxisme.